L'histoire de la race

Au même titre que son cousin, le cavalier est un épagneul nain que les Anglais dénommaient souvent «toy spaniel» ou «carpet spaniel».

Son histoire est fortement liée à la grande histoire de l’Angleterre, et le cavalier a connu plus de secrets d’Etats et des secrets d’alcôve que la plupart des familles les plus influentes du royaume.

Au début du 19ème siècle, la confusion parmi les épagneuls nains était telle que le roi d’Angleterre Edouard VII, en personne dut intervenir pour clarifier les choses et donna une dénomination officielle au King Charles. Les amateurs de l’ancien modèle (old type King Charles Spaniels), c’est à dire des chiens au nez fin, au stop peu apparent et au crâne plat, se lamentaient : il n’existait plus que des types au museau plat et au crâne s’arrondissant en dôme. C’est alors qu’en 1926, dans le catalogue de l’exposition de Crufts, parut cette annonce rédigée par un Américain, Roswel Elridge, habitant à long Island : «sont recherchés des Blenheim spaniels de l’ancien type, tels qu’il sont représentés dans les gravures et tableaux du temps de Charles II, avec museau allongé, pas de stop, un crâne plat avec un spot caractéristique en son centre. Le premier prix de 25 livres dans les classes 947 et 948 sera offert par Roswell Eldridge de New York, Etats-Unis. Ce prix ira à qui recréera le type ancien souhaité».

L’auteur avait joint à l’annonce une reproduction du célèbre tableau de Sir Edwin Landseer (1802-1873), The Cavaliers Pets (1845), qui avait été exposé à la British Institution, puis à la National Gallery de Londres. Le propriétaire d’un petit épagneul appelé Ferdic of Monham gagna les 25 livres. On s’aperçut par la suite que ce chien était né trois ans auparavant. Il existait donc encore des King Charles «old type», au nez pointu ! Les éleveurs constatèrent ainsi que le même chien présentait deux morphologies différentes :
l’épagneul King Charles ancien modèle avec le museau allongé et le King charles nouvelle manière au museau plat.

Il était donc urgent de régler ce problème pouvant prêter à confusion. En 1928, on décida donc que l’ancien modèle serait désormais appelé Cavalier King Charles. Les choses se précipitèrent lorsqu’une femelle «old type» dénommée Waif Julia, appartenant à une éleveuse renommée, Miss Hewitt Pitt, remporta à l’exposition de Cruft le prix de sa classe. Les amateurs ressentirent alors la nécessité d’élever ce type de chien et de créer un club. Cela fut réalisé en 1928 lorsque le Kennel Club reconnut officiellement le club du Cavalier King Charles. Un Standard fut rédigé la même année par Mrs Pitt qui avait pris comme modèle de référence un délicat petit Blenheim appelé Ann’s son, appartenant à Miss Mostyn Walker. Ce chien, qui ressemblait énormément à ceux représentés sur les tableaux du XVIIe siècle, fut vraisemblablement à l’origine de tous les Cavalier King Charles. A partir de 1960, la race connut une véritable envolée lorsque la princesse Margareth, sœur de la reine Elisabeth II qui venait d’épouser le photographe Lord Snowdon, adopta un cavalier prénommé Rowley, en mémoire d’un ancêtre de la princesse. Puis ce fut le triomphe à Crufts’s, en 1973, lorsqu’un petit cavalier âgé de dix-sept mois, du nom de Alansmere Aquarius, fut reconnu meilleur de la race du groupe «Toy» et enfin, «Best in show», c’est à dire meilleur chien de l’exposition. Depuis lors, le Cavalier King Charles connaît un succès bien mérité.